Québec
Province francophone aux dimensions d'un continent, le Québec s'explore du Vieux-Québec aux fjords du Saguenay, des érables de Charlevoix aux falaises de la Gaspésie.
Le Québec couvre 1,5 million de kilomètres carrés, soit près de trois fois la France, mais 80% de ses huit millions d'habitants vivent le long du Saint-Laurent, entre Montréal et la ville de Québec. C'est cette bande sud, large d'environ 200 kilomètres, que nos voyageurs parcourent en majorité. Le reste, c'est la forêt boréale, les lacs par milliers de l'Abitibi et de la Côte-Nord, et plus haut le territoire cri et inuit du Nunavik. Nous adaptons les itinéraires selon ce qu'on vient chercher : patrimoine francophone, faune marine, ou grands espaces.
Montréal, sur son île au confluent du Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais, donne le ton urbain : le Plateau Mont-Royal, le Mile End, le marché Jean-Talon dans la Petite Italie. À trois heures de route à l'est, la ville de Québec déroule son Vieux-Québec fortifié, classé à l'UNESCO, seul ensemble urbain encore ceint de remparts au nord du Mexique. Entre les deux, la rive nord du fleuve s'élargit, et c'est là que commence vraiment le pays : Charlevoix et ses villages perchés au-dessus d'un cratère météoritique de 56 kilomètres de diamètre, Baie-Saint-Paul et ses galeries, La Malbaie, Saint-Irénée.
Plus à l'est, à Tadoussac, le fjord du Saguenay rejoint le Saint-Laurent dans une fosse de 270 mètres de profondeur. Les eaux froides remontent du large, les krills affluent, et les baleines suivent : rorquals communs, petits rorquals, bélugas résidents, et parfois la baleine bleue, le plus grand animal vivant. La saison utile s'étend de fin juin à mi-octobre, avec un pic en août. Au-delà de Tadoussac, la Côte-Nord file vers Sept-Îles sur 600 kilomètres de route 138, longeant villages de pêcheurs et rivières à saumon.
La péninsule gaspésienne, elle, ferme le fleuve au sud. C'est une boucle de 900 kilomètres au départ de Québec, qu'il faut prévoir sur cinq à sept jours. Le parc national Forillon plonge ses falaises dans la mer, le rocher Percé se traverse à pied à marée basse, et l'île Bonaventure abrite l'une des plus grosses colonies de fous de Bassan au monde, environ 100 000 oiseaux entre mai et septembre. À l'intérieur, les Chic-Chocs culminent à 1 268 mètres au mont Jacques-Cartier, où subsiste une harde de caribous des bois.
La culture québécoise se vit dans la langue, d'abord, mais aussi à table : tourtière du Lac-Saint-Jean, poutine, cipaille, fromages de Charlevoix, sirop d'érable récolté en mars-avril dans les cabanes à sucre. Les Premières Nations restent présentes, notamment les Wendats près de Québec à Wendake, les Innus sur la Côte-Nord, les Mohawks à Kahnawake en face de Montréal. Nous travaillons avec plusieurs communautés autochtones pour des séjours en pourvoirie ou des rencontres en territoire.
L'hiver change tout. De décembre à mars, la neige tient au sol, les lacs gèlent sur 60 centimètres d'épaisseur, et les températures oscillent entre -10 et -25°C. Charlevoix et la Mauricie deviennent terrains de motoneige, de traîneau à chiens, de pêche blanche. C'est une autre saison de voyage, pas un repli : nous y envoyons autant de monde qu'en été, avec un équipement adapté que nous fournissons sur place.
À découvrir
Baleines de Tadoussac. Sortie en zodiac depuis l'embouchure du Saguenay entre fin juin et octobre, eaux à 4°C où croisent rorquals, bélugas résidents et parfois la baleine bleue.
Vieux-Québec fortifié. 4,6 kilomètres de remparts du XVIIe siècle, terrasse Dufferin au-dessus du fleuve, rue du Petit-Champlain et marché du Vieux-Port pour les produits de l'Île d'Orléans.
Tour de la Gaspésie. Boucle de 900 kilomètres sur la route 132, falaises du parc Forillon, rocher Percé arpenté à marée basse, colonie de 100 000 fous de Bassan sur l'île Bonaventure.
Charlevoix en automne. Mi-septembre à mi-octobre, les érables virent au rouge sur les collines du cratère, parcours entre Baie-Saint-Paul, l'isle-aux-Coudres et le parc des Hautes-Gorges.
Hiver en Mauricie. Traîneau à chiens sur les lacs gelés du parc national, nuit en pourvoirie chauffée au bois, températures de -15°C qui rendent la neige sèche et craquante.
Quand y aller
Nous travaillons le Québec sur trois saisons distinctes. L'été, de mi-juin à fin août, affiche 22 à 27°C en journée le long du Saint-Laurent, parfois 30°C à Montréal en juillet, mais 5 à 8°C de moins en Gaspésie et sur la Côte-Nord à cause des vents du large. C'est la saison des baleines, des festivals (Jazz de Montréal début juillet, Festival d'été de Québec mi-juillet) et des longues journées, avec un coucher de soleil vers 21h en juin. L'automne, de mi-septembre à mi-octobre, est notre saison préférée : températures de 10 à 18°C, forêts d'érables qui flamboient pendant trois semaines, foule réduite. Les couleurs montent du nord, donc Charlevoix et Mauricie virent avant l'Estrie.
L'hiver, de décembre à mars, est froid et sec : -10 à -25°C, parfois -35°C en janvier sur la Côte-Nord. Ce n'est pas une saison à éviter, c'est une saison à équiper. À l'inverse, nous déconseillons avril et début mai : la neige fond, les sentiers sont boueux, beaucoup d'hébergements ruraux ferment entre les saisons. Novembre est également un mois creux, gris et humide, sans neige stable.
Conseils pratiques
Pour une première découverte cohérente du Québec, comptez dix à douze jours minimum. En moins de huit jours, on se limite à Montréal, Québec et un aller-retour à Tadoussac, ce qui reste partiel. Le point d'entrée est l'aéroport Montréal-Trudeau, bien desservi depuis l'Europe en vol direct (7 heures depuis Paris). Pour la Gaspésie, l'aéroport régional des Îles-de-la-Madeleine ou de Gaspé permet de gagner du temps en bouclant par le sud. La voiture de location est indispensable hors des deux grandes villes : les distances sont longues (450 km de Québec à Tadoussac via la rive nord, 900 km pour la boucle gaspésienne) et le train ne dessert que l'axe Windsor-Québec.
Le Québec se combine bien avec l'Ontario à l'ouest, en deux heures de route entre Montréal et Ottawa, puis Toronto et les chutes du Niagara : c'est la combinaison la plus classique sur 15 à 18 jours. Vers l'est, les Provinces maritimes (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard) prolongent naturellement la Gaspésie via le pont de la Confédération. Pour un grand voyage transcanadien, nous articulons Québec avec les Rocheuses et la Colombie-Britannique en deux vols intérieurs. La région convient aux familles (distances raisonnables, hébergements de qualité, sécurité), aux amateurs de faune marine et aux voyageurs sensibles au patrimoine francophone. Les randonneurs exigeants trouveront leur compte dans les Chic-Chocs et le parc des Hautes-Gorges, sans atteindre la verticalité des Rocheuses.
























